

Bienvenue au Club MATRA Forever





MGB GT Mk1 :
le plaisir simple du daily driver
Elle n’a pas besoin d’être parfaite pour être aimée. Accessible, fiable et pleine de charme, la MGB GT Mk1 prouve qu’une ancienne peut encore être une compagne du quotidien. Sans stress, sans chichi, juste avec du plaisir.
On a tous dans notre entourage ce type qui ne sort sa voiture de collection qu’une fois par an, par temps sec, après trois heures de microfibre et un check à la lampe frontale. Eh bien oubliez-le.
La MGB GT Mk1, elle, a été conçue pour vivre. Pour rouler, pour sentir le vent, pour avaler des kilomètres sans caprice et sans trembler à chaque gravillon.
C’est la petite anglaise qui n’a jamais compris pourquoi on devait dormir dans un garage.
Une anglaise raisonnable (mais pas trop)
Quand MG sort la B GT en 1965, le message est clair : faire de la MGB roadster un coupé chic et habitable. Pour le chic, le dessin sera confié à Pininfarina.
Toit fastback, ligne sobre mais élégante, et un moteur B-Series 1.8 litre de 95 ch à l’anglaise. Autrement dit, le double du charme d’une voiture française de la même époque.
La GT, c’est la MGB du gentleman : celle qui permet de partir au bureau sans se décoiffer, d’aller dîner sans sentir la pluie, et d’emmener madame à Deauville dans un confort décontracté et étonnant pour 1967. Et contrairement à sa cousine décapotable, la GT vieillit mieux : elle ne fuit pas, ne se tord pas, et garde son élégance compacte intacte.
Sous le capot : le bonheur sans prétention
Le moteur B-Series 1.8 (1.798 cm³, arbre à cames latéral, carburateurs SU) n’a rien d’un monstre, mais il sait tout faire. Il accepte les longs trajets, les démarrages matinaux et même les embouteillages.
Ce bloc, c’est du fer forgé trempé dans le thé. Il est lent à mourir, increvable, et d’une simplicité désarmante à entretenir.
Et pour ceux qui veulent plus de punch sans perdre la philosophie “daily”, il y a eu la fameuse MGB GT V8, mariage de raison entre la silhouette fine de la GT et le Rover 3.5 litres tout alu.
Un moteur à la fois léger et plein de couple, qui transformait la sage anglaise en GT express capable de rivaliser avec bien plus gros.
Mais la vraie magie de la MGB GT Mk1, c’est de donner du plaisir sans donner du stress. Elle pardonne tout, elle accepte tout.
“Daily driver” : quatre syllabes qui changent tout
Les anglo-saxons ont ce mot magique : daily driver. Chez eux, ça veut dire “voiture qu’on aime tellement qu’on la conduit tous les jours”. Pas celle qu’on cache sous une housse, pas celle qu’on redoute de salir.
Non : celle qui vous accompagne au travail, au marché, dans la vie.
Et la MGB GT excelle dans ce rôle. Elle démarre par tous les temps, consomme 8 à 9 litres, se gare n’importe où, et offre un confort surprenant grâce à ses suspensions à ressorts hélicoïdaux à l’avant et lames à l’arrière.
Certes, la direction n’est pas assistée, mais elle est précise. Les freins à disque (devant) font le job. Et la boîte à quatre vitesses, vous donne ce feeling mécanique disparu depuis longtemps. Quand vous arrivez sur l’autoroute, vous enclenchez l’overdrive (qui était proposé en option) et les propriétaires de Tesla vous lancent ce regard perplexe, se demandant comment cette vieille relique peut aller si vite !
Le tout avec un chauffage efficace, une visibilité panoramique et un coffre où un week-end à deux rentre sans compromis (ou presque).
Le bonheur à prix d’ami
C’est là que la MGB GT met tout le monde d’accord. Pendant que les cotes des roadsters italiens s’envolent et que les allemandes deviennent inaccessibles, la MGB GT reste le ticket d’entrée idéal dans le monde des classiques “vivables”.
Une bonne Mk1 s’achète encore entre 12 000 et 18 000 €, et les pièces se trouvent au kilo, littéralement.
C’est le genre d’auto où une réfection de frein coûte moins cher qu’un plein de SUV moderne.
C’est aussi une voiture qui se répare dans son garage, avec des outils de base et un peu de patience.
Et surtout, c’est une ancienne qui ne vous exclut pas de la vie moderne : feux, essuie-glaces, clignotants… tout marche. Même le moteur accepte le sans-plomb sans broncher, ce qui est presque suspect pour une anglaise.
Contre les maniaques du chiffon
La MGB GT, c’est l’anti-fétichisme automobile. Celle qui vous dit : “arrête de cirer, roule”.
Elle ne demande pas la perfection, juste un peu d’attention. Une petite fuite d’huile ? Normal, elle transpire la passion. Un éclat sur le capot ? C’est un souvenir, pas une faute.
Le vrai plaisir d’une ancienne, c’est le bruit du moteur, l’odeur du cuir, les sensations de conduite. Pas le reflet dans la carrosserie. Et c’est sans doute pour ça que ceux qui roulent en MGB GT ont toujours un sourire plus sincère que ceux qui bichonnent une Alfa chromée sans jamais la démarrer.
La voiture qui fait aimer l’automobile, pas le prestige
Rouler en MGB GT Mk1, c’est retrouver ce que beaucoup ont perdu : le plaisir simple, immédiat, sans calcul. C’est s’arrêter à la boulangerie et discuter dix minutes avec un inconnu qui vous dit “Mon oncle en avait une”. C’est arriver à une balade entre anciennes sans avoir l’air de poser.
Une MGB GT, ce n’est pas une “pièce de musée” : c’est une compagne de route, élégante mais vivante.
Et dans un monde où les voitures deviennent des tablettes roulantes, elle rappelle que la mécanique a une âme, surtout quand elle goûte à l’essence et à la liberté.
Du coté des cotes et la tendance
Le marché de la MGB GT reste stable mais en légère hausse depuis 2022.
Les exemplaires propres (pas parfaits) sont recherchés, car ce sont justement ceux qu’on peut utiliser au quotidien. Les versions V8 commencent à attirer des investisseurs discrets, mais la vraie cote de cœur reste sur les Mk1 1.8, les plus pures et les plus charmantes.
Une belle auto de 1966-1969 entretenue se revend sans difficulté, parfois plus cher qu’elle n’a été achetée. Un vrai “daily driver” qui ne fond pas votre portefeuille, ni votre envie.
Ah, au fait…
Je roule en MGB GT au quotidien. Pas une restaurée concours plus neuve que neuve sortie d’un musée.
La mienne a connu le parking du supermarché, elle a 2-3 pocs et une aile un peu piquée. Et son pare-chocs a déjà servi d’appui à un caddie distrait. C’est une MGB GT à 12.000 euros.
Et pourtant, chaque matin, quand je tourne la clé et que le petit 1.8 s’ébroue dans un ronron d’époque, j’ai l’impression de commencer ma journée avec un sourire que même un SUV à 80 000 € ne saurait acheter. Elle tousse un peu à froid, elle sent l’huile chaude, elle vibre à 3 000 tours. Mais elle vit. Et elle est fiable, parce qu’elle roule.
Alors, non, ma MGB GT n’est pas parfaite. Loin de là. Mais elle roule, elle me parle, et elle me rappelle qu’en matière d’automobile comme dans la vie, le vrai luxe, c’est d’en profiter sans chercher à tout effacer.





