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Maserati Mexico 4.2 

la force tranquille face aux GT des années 60

La Maserati Mexico 4.2 n’a jamais cherché à hurler plus fort que les autres GT des années 60. Pendant que Ferrari, Lamborghini ou Aston Martin rivalisaient de décibels et d’esbroufe, elle traçait sa route autrement : puissance feutrée, V8 coupleux, confort bourgeois et élégance sans démonstration. Un peu comme une Bentley continental avant l’heure, capable d’engloutir les kilomètres à grande vitesse sans jamais donner l’impression de forcer. Une Maserati pour ceux qui préfèrent la maîtrise au spectacle.

Une Maserati sans tapage, et c’est précisément ça le problème

Présentée en 1966, la Mexico n’est pas une voiture de salon au sens spectaculaire du terme. Pas de portes en élytre, pas de lignes outrancières, pas de provocation stylistique. Frua signe une carrosserie élégante, presque sage, à tel point qu’on pourrait passer devant sans la remarquer. Une Maserati discrète ? Pour certains, c’était déjà une hérésie.

Et pourtant, cette apparente retenue est volontaire. La Mexico n’est pas faite pour impressionner au feu rouge. Elle est conçue pour avaler des kilomètres dans un confort princier, avec cette sensation très italienne de puissance contenue. Une voiture de gentlemen pressés, pas de playboys surexcités.

 

La Bentley de Modène, sans le snobisme anglais

Si la Maserati Mexico 4.2 avait porté un blason ailé et une plaque d’immatriculation britannique, elle serait aujourd’hui célébrée comme une grande Bentley continentale des sixties. Même philosophie de voyage, même obsession du couple plutôt que du régime, même capacité à avaler l’Europe à rythme soutenu sans fatiguer son conducteur. À la différence près qu’à Modène, on n’a jamais eu besoin de tweed, de clubs privés ou de traditions poussiéreuses pour faire du grand tourisme. La Mexico offre le luxe de la retenue, la puissance sans la pose, l’élégance sans le vernis social. Une GT de connaisseur, pas de salon feutré.

Sous le capot : le V8 qui n’a rien à prouver

Là où la Mexico se révèle, c’est évidemment sous son long capot. Le V8 Maserati, dérivé de la 450S de compétition, est proposé ici en version 4,2 litres, développant environ 260 chevaux (il y a eu une version 4.7 de 290 cv). Sur le papier, ce chiffre peut sembler modeste face aux monstres sacrés de l’époque. Dans la réalité, c’est une toute autre histoire.

Ce moteur ne crie pas. Il pousse. Du couple partout, tout le temps. Une onctuosité mécanique rare, une disponibilité permanente, une absence totale de stress. La Mexico ne vous supplie jamais de rétrograder. Elle accélère comme une évidence, avec cette impression délicieuse que tout est facile, naturel, presque nonchalant.

C’est là toute la philosophie de la voiture : la puissance sans agitation. Une Maserati qui préfère l’élan continu au coup d’éclat.

Boîte automatique ? Oui, et alors ?

À l’époque, proposer l’option boîte automatique sur une GT italienne relevait presque du sacrilège. Maserati ose pourtant l’option, avec une Borg-Warner à trois rapports. Les puristes ont crié à la trahison. Avec le recul, ils avaient tort.

La Mexico automatique est parfaitement cohérente avec son ADN. Ce n’est pas une voiture de chronos, c’est une machine à voyager vite et loin sans effort. La boîte manuelle existe, bien sûr, mais la version automatique incarne à merveille cette force tranquille, cette capacité à cruiser à grande vitesse dans un silence relatif, pendant que d’autres s’époumonent pour attirer l’attention.

Une vraie 2+2, pas une excuse marketing

Contrairement à beaucoup de coupés “2+2” de l’époque, la Maserati Mexico peut réellement transporter quatre adultes. Certes, pas quatre basketteurs de deux mètres, mais des humains normalement constitués. Et surtout, dans un confort très au-dessus de la moyenne.

L’habitacle est un modèle de classicisme italien : cuir Connoly, bois, instrumentation complète sans surcharge. Pas d’esbroufe, pas de gadgets inutiles. Tout est là pour servir la route. Et le conducteur. Toujours le conducteur.

Sur la route : l’art du grand tourisme, le vrai

Conduire une Mexico aujourd’hui, c’est redécouvrir ce qu’était le grand tourisme avant qu’il ne devienne un slogan marketing. La voiture est stable, rassurante, étonnamment moderne dans son comportement. Elle n’a pas la brutalité d’une muscle car ni la nervosité d’une sportive pure. Elle avance, imperturbable, avec cette sensation délicieuse que rien ne l’arrêtera.

À haute vitesse, elle est dans son élément. Le V8 ronronne à bas régime, le châssis absorbe, la direction informe sans affoler. C’est une voiture qui inspire la confiance, pas l’adrénaline. Et c’est précisément ce qui la rend attachante.

Pourquoi la Maserati Mexico est restée dans l’ombre

La vérité est simple : la Maserati Mexico est arrivée à une époque où le marché voulait du spectaculaire. Elle n’a jamais cherché à rivaliser avec les icônes tapageuses. Elle n’a jamais eu de rôle dans un film culte. Elle n’a pas été placardée sur les murs.

Résultat : elle est passée à côté de la reconnaissance populaire. Mais aussi – et c’est là tout l’intérêt aujourd’hui – à côté de la spéculation délirante.

Le marché actuel : le luxe de l’intelligence

Pendant que certaines italiennes des années 60 flirtent avec des sommets indécents, la Mexico reste étonnamment accessible. Trop sage pour les spéculateurs, trop discrète pour les chasseurs d’ego, trop raffinée pour les amateurs de sensations brutes.

Et tant mieux. Pour un amateur éclairé, c’est une aubaine. Une vraie Maserati V8, produite à moins de 500 exemplaires, avec une mécanique noble, une histoire authentique et une capacité réelle à être utilisée. Pas une sculpture figée. Une voiture vivante. Autour de 100.000 euros.

La force tranquille, vraiment

La Maserati Mexico 4.2 n’est pas une voiture qui s’impose. Elle s’impose à celui qui sait regarder. Elle ne cherche pas à impressionner, elle convainc sur la durée. Elle ne crie pas son pedigree, elle le murmure à ceux qui prennent le temps d’écouter. Dans un monde de voitures anciennes devenues hystériques, sur-restaurées, surcotées, la Mexico incarne une autre voie. Celle de l’élégance mécanique, du luxe discret, de la performance apaisée.

Une Maserati pour ceux qui n’ont plus rien à prouver.
Et qui savent que parfois, la plus grande force est celle qui n’a pas besoin de rugir.

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